Il y a 100 ans… le 22 août 1914

Bataille de Morhange - Eugene Chaperon

Bataille de Morhange par Eugène Chaperon

Il y a 100 ans… la bataille des frontières

Du 20 au 26 août 1914 se déroule la phase finale de la bataille de Frontières qui oppose, depuis le début de la guerre, les armées allemandes aux armées françaises, belges et anglaises le long des frontières de la Belgique à la Suisse. Durant ces journées, le massacre des jeunes soldats, récemment mobilisés, est effroyable. Ces journées seront parmi les plus meurtrières de la guerre. Le 22 août 1914, l’armée française vit la journée la plus sanglante de son histoire. Près de 27000 soldats français seront tués, victimes de la doctrine de  » l’offensive à outrance « . La plupart d’entre eux seront foudroyés par l’artillerie allemande ou fauchés par les mitrailleuses solidement installées sur des positions défensives. Au cours de cette journée, comme de nombreux soldats Meusiens, deux jeunes habitants de Vassincourt, Marcel GEORGET et Adolphe LESURE sont morts pour la France.

Marcel Georget, 21 ans… Mort pour la France

Paul Marcel GEORGET est né le 25 février 1893 à Vassincourt. Il est le fils de Jules Ernest GEORGET et de Léonie BARBIER un couple de cultivateurs de Vassincourt. En 1913, comme son père, il est agriculteur mais décide de s’engager volontairement pour 3 ans dans l’armée en devançant l’appel. Il rejoint alors le 94ème régiment d’infanterie, en garnison à Bar le Duc, le 25 octobre 1913, comme soldat de 2ème classe. Le 2 août 1914, à la déclaration de guerre, il entre en campagne contre l’Allemagne avec son régiment. Au début du mois d’août, le 94ème régiment d’infanterie se porte vers la frontière en prenant d’abord cantonnement sous les côtes de Meuse puis en progressant dans la plaine de la Woëvre en direction de Longwy. Le 21 août, le régiment subit son baptême du feu et huit soldats sont blessés dans ces premières escarmouches. Le 22 août, ce jour où tant de soldats français ont perdu la vie, de violents combats s’engagent pour la prise du village de Bazailles. C’est dans ces combats que disparaît Marcel GEORGET, soldat de Vassincourt âgé de 21 ans, engagé depuis moins d’un an et qui vivait sa première bataille. Un document intitulé  » l’Historique du 94e Régiment d’Infanterie  » nous rapporte ce que furent les pertes humaines ce jour-là :  » En cette seule journée une vingtaine d’officiers et plus de 1.000 hommes étaient hors de combat; la plupart des tués et blessés en dépit d’efforts surhumains pour les sauver, tombèrent aux mains de l’ennemi « .

Adolphe Lesure, 25 ans… Mort pour la France

Adolphe LESURE est né le 20 mars 1889 à Vassincourt au domicile de ses parents, Jules François LESURE, cultivateur et Adolphine ARRAGON. Le 4 octobre 1910, il abandonne sa profession de cultivateur pour rejoindre le 154ème régiment d’infanterie à Lérouville comme soldat de 2ème classe. Depuis 1905, la durée du service militaire est de deux ans. C’est donc après deux années de bons et loyaux services qu’il est rendu à la vie civile, le 27 septembre 1912, avec un certificat de bonne conduite. Le 1er août 1914, le décret « prescrivant la mobilisation des Armée de terre et de mer« , le rappelle à l’activité militaire et il rejoint son unité à Lérouville le 2 août 1914. Alors que le régiment fait marche vers la plaine de la Woëvre, les réservistes continuent de le rejoindre jusqu’au 6 août. Dans les jours qui suivent les soldats organisent les positions dans l’éventualité d’une attaque allemande. Ce n’est que le 21 août, que le régiment rencontre les traces des premiers combats dans la région de Dommary – Baroncourt. Le 22 aout 1914, ce jour terrible pour l’Armée Française, c’est le baptême du feu. Le 154ème régiment d’infanterie est engagé dans la bataille de Fillières à quelques kilomètres du Luxembourg. Sa mission est « d’arrêter tout ennemi débouchant de la direction Fontoy – Thionville« . C’est au cours de ces combats contre un ennemi supérieur en nombre que meurt Adolphe LESURE comme beaucoup de soldats et d’officiers de son régiment. Il reçoit à titre posthume la Croix de Guerre étoile de bronze et la médaille militaire avec la mention suivante :  » Brave soldat ayant crânement reçu le baptême du feu. Tombé glorieusement le 22 août 1914 à Fillières dans l’accomplissement de son devoir« . Il est inhumé dans le cimetière militaire de Fillières.

Voir aussi l’article « Le monument aux morts »

Sources :
– Archives Départementales de la Meuse (Etat civil – Registres matricules)
‘Historique du 94e Régiment d’Infanterie’, Anonyme, Imp. A. Collot
– ‘Historique du 154e Régiment d’Infanterie’ Imprimerie Berger-Levrault – Nancy-Paris-Strasbourg

 

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Le monument aux morts

2007 01 01 - 033 - D200 - Vassincourt - Monument aux Morts

Monument aux Morts de Vassincourt

Le monument aux morts de Vassincourt est situé dans la rue principale, rue du 15ème Corps, devant la mairie. Il a été élevé à la mémoire des seize victimes militaires et des sept victimes civiles de la 1ère Guerre Mondiale.
La mention suivante est inscrite sur le monument : « Vassincourt à ses Glorieux Morts 1914 – 1918.  Commune citée à l’ordre de l’Armée le 3 décembre 1920 »

Les 16 victimes militaires :
Arragon Georges
Baillot Henry
Beck Julien
Colin Paul
Elloy Arthur
Georget Marcel
Henriet Albert
Horville Fernand
Horville Paul
Lesure Adolphe
Monplonne Jules
Nau Fernand
Saudax Georges
Saudax Robert
Sauvage Henri
Tabary Célestin

Les 7 victimes civiles :
Barnabe Emile
Mlle Duhamel E
Fabry Emile
Sauvage Alcide
Sauvage René
Victor Nicolas
Mme Victor N