Indexation des soldats de Vassincourt sur le site « Mémoire des Hommes »

Mémoire des Hommes
Le site internet « Mémoire des Hommes »

Le Ministère de la Défense a mis en place un programme d’indexation collaborative qui permet à des internautes bénévoles d’annoter des documents numérisés pour faciliter leur exploitation dans le cadre d’études historiques ou généalogiques. C’est ainsi que l’intégralité des fiches des « Mort pour la France » des soldats du monument aux morts de Vassincourt a été indexée.

Le site internet « Mémoires des Hommes »

Le site internet « Mémoires des Hommes » est un site du Ministère de la Défense. Inauguré en 2003, il présente, depuis cette date, 1,3 million de fiches des « Morts pour la France » de la première guerre mondiale. Ces fonds ont été complétés depuis, par d’autres archives, et notamment :

  • la base des « Morts pour la France » au cours de la Guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie
  • la base des fusillés du Mont-Valérien
  • la base des personnels de l’aéronautique militaire de la Première Guerre mondiale
  • la base des « Morts pour la France » au cours de la Guerre d’Indochine
  • les journaux des unités de la Première Guerre mondiale
  • la base des Militaires décédés durant la Seconde Guerre Mondiale
  • la base des Militaires décédés durant la Guerre de Corée
  • les fiches des marins et aviateurs à la base des militaires décédés durant la Seconde Guerre mondiale
  • etc.

Le programme d’indexation engagé concerne la base des « Morts pour la France » de la grande guerre.

Fiches des « Morts pour la France » et indexation

Fiche 'Mort pour la France' - 02
Les fiches des ‘Morts pour la France’ qui composent la base du site ‘Mémoire des Hommes’, ont été établies au lendemain de la première guerre mondiale par l’administration des anciens combattants. Bien que comprenant 1,3 million de fiches, cette base n’est pas exhaustive des « Morts pour la France » de 1914 à 1918.

Le programme d’indexation des fiches des « Morts pour la France » consiste à numériser les informations relevées sur les fiches : grade, unité, lieu de naissance, classe, numéro matricule au recrutement, centre de recrutement, date et lieu de décès, etc.

Cette numérisation facilitera les recherches à partir des différentes informations numérisées, permettra de faire des tris sur la base des fiches indexées ou encore d’effectuer plus facilement un certain nombre de statistiques.

A la date du 30 octobre 2015, plus de 282 000 fiches ont d’ores et déjà été indexées par les bénévoles participants à cette opération.

Les fiches des soldats de Vassincourt totalement indexées.

La base ‘Mémoires des Hommes’ contient 15 fiches concernant les soldats de Vassincourt inscrits sur le Monument aux Morts du village. Toutes ces fiches sont maintenant indexées, ce qui permet d’effectuer des recherches, par un ou plusieurs des paramètres numérisés. A titre d’exemple, en associant, dans une requête, pour lieu de naissance, Vassincourt, et pour grade, caporal, on extrait de la base les noms des 4 « Mort pour la France » de Vassincourt répondant à ces critères : Albert HENRIET, Paul HORVILLE, Jules MONTPLONNE, Henri SAUVAGE.

L’un des soldats, Henry BAILLOT, dont le nom est inscrit sur le monument aux Morts, ne possède pas de fiche dans la base « Mémoire des Hommes ». Cependant, il est bien « Mort pour la France », sa fiche matricule nous le confirme.

* * *

Ce programme d’indexation, organisé par le ministère de la Défense en mobilisant des bénévoles, est une nouvelle occasion de rendre hommage à ces soldats qui ont donné leur vie lors de la grande guerre et de raviver ainsi la mémoire de leur sacrifice.

Lien vers le site « Mémoire des Hommes »
Voir aussi l’article « Le monument aux morts »

Il y a 100 ans… le 24 septembre 1914

Taxi de la Marne - Musée de l'Armée

Taxi de la Marne – Musée de l’Armée

Albert Henriet : un soldat de Vassincourt dans les « Taxis de la Marne »

Au début du mois de septembre 1914, l’aile gauche de l’armée française recule devant l’avance des troupes allemandes. Le 6 septembre 1914, le Généralissime Joffre lance le mot d’ordre de la contre-attaque qui déclenche la bataille de la Marne. Ce même jour, le Général Gallieni, gouverneur militaire de Paris décide de réquisitionner les taxis parisiens pour amener les 103ème et 104ème régiments d’infanterie sur le front qui se situe maintenant à quelques kilomètres de Paris. C’est ainsi qu’Albert HENRIET, né à Vassincourt, caporal au 104ème régiment d’infanterie, participe à cet épisode devenu le symbole de la bataille de la Marne.
Un autre caporal du 104ème régiment d’infanterie, Eugène Henry Jean Chaulin évoque cet événements, dans ces carnets de route :
« Nous montons tous dans des taxis et nous mettons en route vers 6 heures et demi. Tout le monde est dans les rues, les appels les plus sympathiques nous sont lancés. on sent tous ces cœurs vibrer à l’unisson devant l’approche de l’ennemi. Nous quittons Gagny, nous traversons Ivry, là, c’est le même accueil, les femmes nous apportent des roses, pour ma part j’en reçois une blanche et une rouge. Notre course en taxis se continue marquée par l’incident qui résulte de ce que la colonne se trouve coupée et qu’un taxi va se jeter dans un fossé. Il faut alors ensuite retrouver sa route. Enfin à 1 heure du matin, nous débarquons et allons bivouaquer dans un champ contigu du village de Silly le long (Oise). Ce transport des troupes en taxi était très pittoresque. »

Le 104eme Régiment d’Infanterie

Militaire - 104e Régiment d'infanterie - Photographie - Groupe de soldats du 104e RI

Soldats du 104ème Régiment d’Infanterie

Albert HENRIET est né à Vassincourt le 8 juin 1895. Ses parents, Charles Auguste HENRIET et Anaïs Ernestine BRAVAUX travaillent dans l’une des tuileries du village. A 18 ans, il est employé de commerce au Raincy en région parisienne et décide de devancer l’appel et de s’engager pour 4 ans dans l’armée. C’est ainsi que le 4 juillet 1913, il intègre, comme soldat de 2ème classe, le 104ème régiment d’infanterie, unité qui partage ses cantonnements entre Argentan en Normandie et la région parisienne.
Le 104 ème régiment d’infanterie a été créé en 1792. C’est une unité qui s’est illustrée dans plusieurs batailles, Jemappes et Austerlitz notamment. Il a connu dans ses rangs des hommes célèbres comme Hoche, Pétain ou De Gaulle.
Le 9 novembre 1913, 4 mois seulement après son incorporation, Albert HENRIET est promu au grade de Caporal.

Albert Henriet, 19 ans… Mort pour la France

Le caporal Albert HENRIET entre en campagne contre l’Allemagne, avec son unité, le 2 août 1914. Le régiment se met en marche le 8 août pour prendre position sous les côtes de Meuse au nord de Verdun. Le 21 août, il pénètre en Belgique à la Malmaison (à l’est de Virton) et poursuit sa route vers le nord pour stationner à Ruette en Bivouac d’alerte. Le 22 août, c’est le baptême du feu pour le régiment et le caporal Albert HENRIET, la bataille d’Ethe vient de s’engager. Les pertes sont extrêmement lourdes et malgré ces sacrifices, les 104ème et 103ème régiments d’infanterie doivent se replier. C’est le début de la retraite.
Entre le 22 août et le 6 septembre, le caporal HENRIET, son unité, le 104ème régiment d’infanterie, comme la quasi totalité des armées françaises, vont lentement se replier sous la forte poussée allemande. Pour le 104ème régiment d’infanterie, ce repli va alterner périodes de combat et réserves. Après avoir repassé la frontière Belge, de retour en France, le régiment est engagé aux environs de Stenay où l’objectif est d’empêcher les Allemands de passer la Meuse. Quelques jours plus tard, après avoir encore combattu aux abords de Beauclair, le régiment arrive le 3 septembre, à Sainte Menehould où il embarque dans un train vers Paris que l’avancée allemande menace dorénavant.
C’est alors pour le caporal HENRIET, la bataille de la Marne, l’épisode des taxis, les combats de Nanteuil, la défaite et la retraite des Allemands. Le caporal Henriet et son régiment avancent maintenant vers le nord, dépassent Crépy en Valois le 11, traversent l’Aisne le 13 et progressent vers les rives de l’Oise.
Le 23 septembre, le 104ème régiment d’infanterie combat au nord de l’Oise aux environs de Roye entre Solente et Ognolles. Le 2ème bataillon du Caporal HENRIET livre un violent combat à Ognolles, sa compagnie, la 6ème, reste quelques heures à Ognolles pour organiser la défense. La position est soumise à une violente canonnade, au fil de la journée, le feu allemand se fait de plus en plus violent. Les 5ème et 6ème compagnies subissent des pertes sévères, elles se cramponnent à la voie ferrée et résistent à une attaque de nuit. Le caporal Albert HENRIET appartient à cette 6ème compagnie, il est mortellement blessé au cours de ces combats et décède le 24 septembre 1914.
Albert HENRIET est le 4ème soldat de Vassincourt à décéder au cours de cette guerre.

Voir aussi les articles « Le monument aux morts » et « La bataille de Vassincourt »

Sources :
Archives Départementales de la Meuse (Etat civil – Registres matricules)
Journal du Caporal Chaulin (104ème régiment d’infanterie)

Le monument aux morts

2007 01 01 - 033 - D200 - Vassincourt - Monument aux Morts

Monument aux Morts de Vassincourt

Le monument aux morts de Vassincourt est situé dans la rue principale, rue du 15ème Corps, devant la mairie. Il a été élevé à la mémoire des seize victimes militaires et des sept victimes civiles de la 1ère Guerre Mondiale.
La mention suivante est inscrite sur le monument : « Vassincourt à ses Glorieux Morts 1914 – 1918.  Commune citée à l’ordre de l’Armée le 3 décembre 1920 »

Les 16 victimes militaires :
Arragon Georges
Baillot Henry
Beck Julien
Colin Paul
Elloy Arthur
Georget Marcel
Henriet Albert
Horville Fernand
Horville Paul
Lesure Adolphe
Monplonne Jules
Nau Fernand
Saudax Georges
Saudax Robert
Sauvage Henri
Tabary Célestin

Les 7 victimes civiles :
Barnabe Emile
Mlle Duhamel E
Fabry Emile
Sauvage Alcide
Sauvage René
Victor Nicolas
Mme Victor N