1791 – Litige sur les frontières communales

Vas

Registre des délibérations du Conseil Général de Vassincourt

La municipalité de Vassincourt se met en place

Ce sont les lois de l’Assemblée Nationale des 14 et 22 décembre 1789 qui créent les communes de France et fixent les modalités de fonctionnement de ces nouvelles structures.

Dorénavant, les membres et officiers municipaux seront élus par les citoyens actifs de la communauté. Dans son article 4, la loi du 14 décembre indique que le chef du corps municipal, porte le nom de maire. Le texte précise aussi les modalités d’élection des membres du corps municipal et des notables. Il décrit la composition du conseil général de la commune, fixe les responsabilités et explicite les modalités de fonctionnement du conseil.

Le maire est élu pour 2 ans tout comme le procureur. Dans une commune de moins de 500 âmes, comme celle de Vassincourt sous la Révolution, le corps municipal est composé de 3 membres, y compris le maire. Six notables, également élus, se joignent à ce corps municipal pour former le conseil général de la commune. Enfin, un secrétaire-greffier est nommé par le conseil.

Au début de l’année 1791, la nouvelle commune de Vassincourt a moins de deux ans d’existence. Le maire Jean ELLOY et son conseil se rôdent aux responsabilités de la gestion de la communauté. Ils manquent probablement d’expérience. L’une des premières affaires que ce conseil va devoir traiter, concerne un litige avec la municipalité de Neuville-sur-Orne.

1791 – Les frontières communales, objet d’un litige avec Neuville-sur-Orne

Le 17 avril 1791, Jean ELLOY, le maire, et l’ensemble du Conseil Général de Vassincourt, interpellent les administrateurs du Département de la Meuse, à propos du litige qui les oppose à la municipalité de Neuville, sur la délimitation du territoire des deux communes.

Ornain - 2015 10 25

La rivière Ornain

Le conflit perdure. C’est un terrain de 300 à 350 « jours » (1), soit une surface de l’ordre de 100 à 150 hectares, qui est au centre du conflit. Situé sur la rive gauche de l’Ornain, rivière qui coule entre les deux villages, ce terrain serait utilisé par les habitants de Neuville sur Orne sans qu’ils aient le moindre droit de propriété. C’est ce même terrain qui est revendiqué par les habitants de Vassincourt.

Dans sa délibération, le conseil général de Vassincourt fait remarquer qu’il n’y a pas, à cette époque, de pont sur l’Ornain pour accéder directement au terrain situé côté « Vassincourt » de la rivière, ce qui rend l’accès très difficile pour les habitants de Neuville, situés sur l’autre rive. Par ailleurs, ce terrain est souvent inondé et, comme les élus le font remarquer, il constitue une enclave dans le territoire de la commune de Vassincourt. Dans son argumentaire, le conseil évoque l’extrême pauvreté du village et les difficultés que celui-ci pourrait avoir à recouvrer et payer les deniers de la contribution foncière de ce terrain si celui-ci n’était pas clairement restitué à l’usage de la commune de Vassincourt.

Dans sa délibération, le conseil municipal implore les administrateurs du département de rendre un jugement en leur faveur ou, à défaut, de nommer une tierce personne pour trancher le différend comme le préconise un décret de l’assemblée nationale.

Cette délibération est une des toutes premières rendue par le conseil municipal de Vassincourt. Le texte est transcrit ci-dessous.

La délibération de la municipalité du 17 avril 1791

Jusqu’à la révolution, les actes étaient rédigés, dans leur immense majorité, par les curés, les notaires ou d’autres personnes qui possédaient une réelle compétence en matière d’écriture. Avec la révolution et la démocratisation de la gestion des institutions, la rédaction, comme celle d’un registre de délibération, revient à des élus qui n’en n’ont pas toujours la pratique courante dans leur activité professionnelle.

Le texte transcris ci-dessous est celui qui nous a été laissé par le conseil général de Vassincourt dans les registres des délibérations. Il est daté du 17 avril 1791. A sa lecture, on se rend compte que l’orthographe, la grammaire et la syntaxe sont très approximatives. Le maire, les officier municipaux et les notables du village ne sont pas encore rodés à cette pratique de l’écriture.

Dans la transcription ci-dessous, l’orthographe, la grammaire et la syntaxe du rédacteur ont été strictement respectées. Les noms propres des personnes ont été transcrits en lettres majuscules.

Texte de la délibération de la municipalité de Vassincourt du 17 avril 1791 :

« Registre de la municipalité de Vassincourt
pour servir aux délibérations et autre affaire
de la commune dudit Vassincourt contenant seize
feuilles cotté et paraphé par nous Jean ELLOY maire de la
ditte municipalité cejourd’huy trois avril mil sept cent quatre
vingt onze
J ELLOY
A Messieurs. Messieurs les administrateurs du
Département de la meuse
Supplient tres humblement le Conseil Général de
la commune de Vassincourt Disant que depuis très
long tems ils sont en différens avec la commune
de Neuville sur Orne leurs voisins au sujet des
limites de leurs finages lequel differens consiste en
ce que les supplians ont une contrée contenant
trois cents à trois cents cinquante jours de terre ou environ
dans laquel la commune de Neuville ny a aucune
propriété et que nonobstant cette derniere prétend être
leur finage quoi que laditte contrée enclavée très
difformément dans le territoire des suppliants c’est
ce qu’ils fonts voir dans le plan qu’ils ont l’honneur
de presenter. Les suppliants ont admirés avec plaisir
un decret de l’assemblée Nationale . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . .   qui dit que lorsqu’il y aura des
difficultés entre les communes au sujet des limites
de leurs finages que les deux municipalités concerterons
ensemble et que lors qu’elles ne saccorderons pas qu’il y
aura une tierce pour rompre les difficultés
Mais la commune de Vassincourt qui a toujours
été prudente et ne veut encore y manquer, ne veut

encore y manquer ne veut sen rapporter qu’à
une décision tel qui jugerons convenable M M les
administrateurs du département afin de les mettre
hors de tous procés des quelles il leurs serait
impossible de soutenir nétant pas en etat
rapport à leurs extreme pauvreté La consequence
de la difficulté n’a pas absolument Jenés les suppliants
que legerement mais la circonstance des déclarations
à faire et du recouvrement des denies pour la
contribution fonciere qui ne se pourra véritablement
faire qu’a grands frais par l’impossibilités
qu’il y aura de payer aux echéances des epôques
rapport à ce qu’il est impossible de pratiquer
Le village de Neuville tant par le debordement
des eaux que parce qu’il ny à point de pont
et quil faudrait donc prendre des détours de deux à
trois lieues, ce qui viendrait tres prejudiciable a la
pauvre commune de Vassincourt et peu profitable
à celle de Neuville Sur Orne
Cequi est dit à l’occasion de l’impossibilité
de pratiquer le village de Neuville n’est pas
momentané, car le plus souvent cest la moitié
de l’année à differentes epôques et surtout
lors que les eaux sont un peu forte
Les suppliants esperent que des faites des
Especes représentés à ces MM du Département
ne pourront etre Repondues qu’à leur faveur

1791 - Registre des délibérations du conseil général de Vassincourt

1791 – Registre des délibérations
du conseil général de Vassincourt

Vu que cela ne peut etre en aucune manière
prejudiciable ala commune de Neuville et que
très profitable à celle de Vassincourt
Ce consideré MM il vous plaise vu les
exposés cy joints ordonner que le terrain reclamé

par les suppliants sera déclaré etre sur le
territoire de Vassincourt au désir du plan représenté
afin de faire une ligne droite entre les deux finages
vu que cela ne peut prejudicier ala commune de
Neuville Sur Orne et très profitable à la commune
de Vassincourt tant par l’impossibilité qu’il y à
le plus souvent et la plus grande partie du tems
de pratiquer le village de Neuville que par les grands
frais qu’il en courreray contre les habitants de Vassincourt
chargé de payer la contribution foncière au désir
des décrets de l’assemblée nationale aux epôques
voulus par lesdits décrets et d’ordonner ce que ces MM
jugeront le plus convenable pour éviter toutes
difficultés et sera grâce et justice
Délibéré à Vassincourt le Conseil Général étant
assemblé dans la sale ordinaire de ses seances
ce dix sept avril mil sept cent quatre vingt onze et ont
les officiers municipaux et nottable dudit Vassincourt signé J ELLOY maire
J CHAPPERON P LOMBARD C SAUDAX J NOEL LALANDE C BAILLOT»

(1) – Jours : dans ce texte, il s’agit d’une mesure de surface ancienne qui correspond à la surface labourée en une journée de travail. On trouve plus fréquemment le terme de « journal » pour cette ancienne unité de mesure

Sources :

 – Archives Départementales de la Meuse – E dépôt 510 / 1
– Loi de l’Assemblée Nationale du 14 décembre 1789

Publicités

Indexation des soldats de Vassincourt sur le site « Mémoire des Hommes »

Mémoire des Hommes
Le site internet « Mémoire des Hommes »

Le Ministère de la Défense a mis en place un programme d’indexation collaborative qui permet à des internautes bénévoles d’annoter des documents numérisés pour faciliter leur exploitation dans le cadre d’études historiques ou généalogiques. C’est ainsi que l’intégralité des fiches des « Mort pour la France » des soldats du monument aux morts de Vassincourt a été indexée.

Le site internet « Mémoires des Hommes »

Le site internet « Mémoires des Hommes » est un site du Ministère de la Défense. Inauguré en 2003, il présente, depuis cette date, 1,3 million de fiches des « Morts pour la France » de la première guerre mondiale. Ces fonds ont été complétés depuis, par d’autres archives, et notamment :

  • la base des « Morts pour la France » au cours de la Guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie
  • la base des fusillés du Mont-Valérien
  • la base des personnels de l’aéronautique militaire de la Première Guerre mondiale
  • la base des « Morts pour la France » au cours de la Guerre d’Indochine
  • les journaux des unités de la Première Guerre mondiale
  • la base des Militaires décédés durant la Seconde Guerre Mondiale
  • la base des Militaires décédés durant la Guerre de Corée
  • les fiches des marins et aviateurs à la base des militaires décédés durant la Seconde Guerre mondiale
  • etc.

Le programme d’indexation engagé concerne la base des « Morts pour la France » de la grande guerre.

Fiches des « Morts pour la France » et indexation

Fiche 'Mort pour la France' - 02
Les fiches des ‘Morts pour la France’ qui composent la base du site ‘Mémoire des Hommes’, ont été établies au lendemain de la première guerre mondiale par l’administration des anciens combattants. Bien que comprenant 1,3 million de fiches, cette base n’est pas exhaustive des « Morts pour la France » de 1914 à 1918.

Le programme d’indexation des fiches des « Morts pour la France » consiste à numériser les informations relevées sur les fiches : grade, unité, lieu de naissance, classe, numéro matricule au recrutement, centre de recrutement, date et lieu de décès, etc.

Cette numérisation facilitera les recherches à partir des différentes informations numérisées, permettra de faire des tris sur la base des fiches indexées ou encore d’effectuer plus facilement un certain nombre de statistiques.

A la date du 30 octobre 2015, plus de 282 000 fiches ont d’ores et déjà été indexées par les bénévoles participants à cette opération.

Les fiches des soldats de Vassincourt totalement indexées.

La base ‘Mémoires des Hommes’ contient 15 fiches concernant les soldats de Vassincourt inscrits sur le Monument aux Morts du village. Toutes ces fiches sont maintenant indexées, ce qui permet d’effectuer des recherches, par un ou plusieurs des paramètres numérisés. A titre d’exemple, en associant, dans une requête, pour lieu de naissance, Vassincourt, et pour grade, caporal, on extrait de la base les noms des 4 « Mort pour la France » de Vassincourt répondant à ces critères : Albert HENRIET, Paul HORVILLE, Jules MONTPLONNE, Henri SAUVAGE.

L’un des soldats, Henry BAILLOT, dont le nom est inscrit sur le monument aux Morts, ne possède pas de fiche dans la base « Mémoire des Hommes ». Cependant, il est bien « Mort pour la France », sa fiche matricule nous le confirme.

* * *

Ce programme d’indexation, organisé par le ministère de la Défense en mobilisant des bénévoles, est une nouvelle occasion de rendre hommage à ces soldats qui ont donné leur vie lors de la grande guerre et de raviver ainsi la mémoire de leur sacrifice.

Lien vers le site « Mémoire des Hommes »
Voir aussi l’article « Le monument aux morts »

Les curés de Vassincourt

Vassincourt - La veuve et son pêtre de J-B Greuze

« La veuve et son prêtre » – Œuvre de Jean-Baptiste Greuze 1784

Le curé, un personnage omniprésent sous l’ancien régime

Jusqu’au XVIIIème siècle, l’immense majorité de nos ancêtres est catholique. C’est le cas pour 95 % de la population de la France d’alors et certainement pour près de 100 % à Vassincourt. Tous sont croyants et pratiquants même si pour quelques-uns, faute d’une foi forte et sincère, il s’agit de ne pas être mis en marge de la société.
La religion est partout. Quotidiennement, nos ancêtres croisent des prêtres, des chantres ou bien des moines, une abbaye, des chapelles ou encore un sacristain… Au XVIème siècle, on estime à plus de 880 le nombre d’établissements religieux auxquels il faut ajouter 6000 prieurés, 60 chartreuses et 500 commanderies. Le clergé qui est l’un des trois ordres et alors fort de plus de 100 000 religieux parmi lesquels environ 60 000 curés et vicaires.
Dans ce contexte, le curé est un personnage extrêmement important pour ne pas dire central dans les villages ruraux de l’ancien régime. Il est omniprésent. Il intervient dans tous les domaines de la vie de nos ancêtres : social, santé, familial, sexuel, économique.
Pour les contemporains des XVIIème et XVIIIème siècle, le curé d’un village est incontournable à chaque étape de leur existence (naissance, mariage, décès). Conditionnés dès leur enfance par le catéchisme, les villageois sont tenus d’assister aux messes. Par ses prônes, le prêtre influence, donne la conduite à tenir, il peut même aller jusqu’à montrer du doigt le paroissien égaré et le mettre au ban de la société. Le curé règne sans partage, il contrôle par la confession obligatoire et bénéficie d’un pouvoir immense comme celui de refuser la communion et donc l’espoir d’atteindre le paradis mais aussi celui de refuser l’inhumation au cimetière.
On ne peut donc s’intéresser à la vie des villages sous l’ancien régime sans essayer de comprendre qui étaient ces « prieur-curé de Vassincourt » qui tenaient les registres paroissiaux.
A ce titre, le pouillé du Diocèse de Verdun constitue une source intéressante à consulter pour mieux connaître les différents curés qui se sont succédés à Vassincourt, du XVème au XIXème siècle.

Le pouillé du Diocèse de Verdun

D’après les définitions données par différents dictionnaires, on peut définir un pouillé comme un registre des biens et des bénéfices d’une circonscription ecclésiastique : cure, abbaye, doyenné, diocèse. Les pouillés pouvaient être dressés pour établir l’assiette des perceptions fiscales ou encore pour lister les revenus de bénéfices.
Le pouillé du Diocèse de Verdun est un énorme ouvrage de 4 volumes qui établit un état des différentes paroisses du diocèse. Son élaboration a débuté en 1873 par un travail de l’abbé Nicolas-Narcisse Robinet qui aboutit en 1888 à la parution du 1er tome. A la mort de l’abbé Robinet en 1894, grâce aux manuscrits qu’il a laissés, quoique très incomplets, et au travail de l’abbé J.-B.-A. Gillant qui reprend l’ouvrage, les tomes 2 et 3 du pouillé sont édités respectivement en 1898 et 1904. Le tome 4 qui concerne l’archiprêtré de Montmédy, paraît en 1910 et clôt l’état des paroisses et établissement du diocèse de Verdun.
Le pouillé du Diocèse de Verdun qui est consultable sur le site internet de la Bibliothèque Nationale, présente l’intérêt de dresser, dans son tome 2, une liste des curés de Vassincourt entre depuis le XIVème siècle jusqu’au XIXème siècle.

Les curés de Vassincourt

Les différents curés de Vassincourt cités dans le pouillé du Diocèse de Verdun :

XIVème siècle

  • Jean Rigobert, religieux de Jandeures, prieur curé
  • Jean-Baptiste Boissy, prémontré, prieur curé

XVème siècle

  • Henry Landry
  • Noël Baltazard
  • Pierre de Saint-Martin
  • Paul Chevrantal
  • Sébastien Saulet
  • Nicolas Bouchier

XVIème siècle

  • Jean-Georges Michel
  • Pierre Anchier
  • Christophe Dupuis
  • Jacques Havot, curé de Vassincourt, fut nommé abbé de Jandeures les 15 février 1540. Il fut sacré évêque de Tibériade en 1546 et a été inhumé dans l’église du prieuré bénédictin de Sermaize le 27 février 1551.
  • André Marchal, nommé en 1540
  • Claude La Loutre en 1559
  • Henry de Tourneboulle en 1562
  • Jean Renault, quelques mois en 1564. Il était curé de Combles. En 1564, il obtint en cours de Rome, la cure de Vassincourt, dont il se démit la même année.
  • Claude de Noirfontaine, religieux bénédictin de Saint-Pierre-aux-Monts, nommé par l’abbé de Jandeures, pris possession le 5 décembre 1564.
  • Jean Langloys, en 1575, assista en octobre 1579 à l’assemblée des états pour la réformation des coutumes de Bar.
  • Jean Camus, religieux de Jandeures, curé de Vassincourt vers 1583
  • Nicolas Chevrantal, vers la fin du XVIème siècle.

XVIIème siècle

  • Maurice Jacobé, vers 1600
  • Jean Cousin en 1601, 1602
  • … Saudax vers 1640
  • Roch Joblot, né à Mognéville, curé en 1655, doyen rural, a résigné en 1714. Roch Joblot était en même temps chapelain de Notre-Dame de Lorette de Revigny. Il fut aussi nommé chapelain de la chapelle Saint Nicaise du château de Mognéville le 20 février 1681. Lorsqu’il résigna sa cure pour cause de vieillesse et de caducité, il vint résider au château de Mognéville, où il mourut le 28 septembre 1716, âgé de 86 ans ; il fut inhumé dans l’église devant le grand autel : son acte de sépulture est très élogieux. Il avait fondé à Mognéville une messe du Saint-Sacrement.

XVIIIème siècle

  • Gabriel Martin, en 1714 ; mort le 18 décembre 1748.
  • François-Simon Barthélemy, ancien prieur de Jandeures, nommé le 30 décembre 1748, a pris possession le 27 janvier 1749, mort le 16 octobre 1772.
  • Jean Reboux, curé de Ville-sur-Saulx, nommé le 23 octobre 1772, a pris possession le 19 novembre suivant ; mort le 17 avril 1776.
  • Claude Vallier, nommé le 24 avril 1776, a pris possession le 27 du même mois ; mort le 5 avril 1790.
  • Nicolas Bertrand, prieur de Jandeures, nommé en avril 1790, jusqu’en 1793 (const.), retiré ensuite à Bar ; nommé de nouveau le 1er pluviôse an XI (21 janvier 1803) ; mort le 30 novembre 1821.
  • Claude Fiacre dit Barrois, ancien religieux augustin, exerça le ministère à Vassincourt de 1798 à 1803, il devint ensuite curé de Deuxnouds-devant-Beauzée.

XIXème siècle

  • Nicolas Maurice, en 1822 ; mort en 1828
  • Jean-Baptiste Bourlon, en 1828, transféré à Parois en 1828
  • Henry Charbeaux, en 1832 ; mort en 1848
  • Pierre-Joseph Lemaigre, en 1849 ; transféré à Doncourt-aux-templiers en 1851
  • Alphonse Jeannin, en 1851 ; transféré à Dammarie en 1879
  • Victor-Nicolas Mathieu, en 1879 ; transféré à Laneuville-sur-Meuse en 1883
  • Nicolas-Alphonse-Victor Macinot, curé à partir de 1883

Après la révolution, le déclin de l’influence des curés.

La période révolutionnaire marque le déclin de l’influence des prêtres dans les villages. Ils sont dessaisis de la tenue des registres des naissances, mariages et décès mais aussi de l’organisation de l’école. Les sacrements de l’église sont mis à mal notamment par la possibilité de divorcer à partir de 1792. Les idées du siècle des lumières et surtout les principes  révolutionnaires vont progressivement atteindre les populations rurales et les éloigner de la religion. Au XIXème siècle, deux personnages vont prendre de l’importance au sein des communautés villageoises : le maire tout d’abord puis, plus tard, les instituteurs (ces fameux « hussard noirs » de la IIIème République).

Population de Vassincourt en 1846

Vassincourt Graphique - Nb d'hab

Les circonscriptions électorales.

Les lois du 15 mars 1849 prévoient « qu’en raison de circonstances locales », le canton peut être divisé en circonscriptions électorales. La loi du 26 décembre 1849, précise que « toute circonscription électorale doit comprendre une population de 500 habitants ». La liste de ces circonscriptions est validée à la suite d’une délibération du Conseil Général et elle doit être révisée tous les 3 ans.

Dans son rapport de 1850 au Conseil Général, le préfet de la Meuse, Sylvain Blot, estime que la création de ces circonscriptions et de nature à « rendre l’accès à l’urne électorale plus facile aux électeurs en leur épargnant des déplacements onéreux ». Il invite les Conseillers Généraux à arrêter le « tableau des circonscriptions nouvelles » lors de la session du Conseil Général de 1850.

La liste établie en 1850 pour le canton de Revigny comprend 10 circonscriptions électorales. La circonscription de Vassincourt est composée des communes de Vassincourt (544 habitants) et de Couvonges (353 habitants).

Population de Vassincourt et 1846.

Le compte-rendu des délibérations du Conseil Général de la Meuse de 1850, nous donne la liste des circonscriptions électorales créées cette année là. Le document précise pour chaque commune et chaque circonscription le nombre d’habitants issu du recensement de 1846.

Ainsi en 1846, 544 habitants ont été dénombrés à Vassincourt.

Vassincourt est la 9ème commune du canton pour le nombre d’habitants :

Vassincourt Graphique - Nb d'hab 1846
En 1846, Vassincourt atteint pratiquement son maximum de population. 165 années plus tard, en 2011, Vassincourt aura perdu la moitié de sa population. L’exode rural d’une part, la grande guerre d’autre part, sont les raisons majeures de cette chute démographique.

Sources :
Rapport du Préfet de la Meuse et délibérations du Conseil Général de la Meuse – Session de 1850

Il y a 100 ans… 17 décembre 1914

94ème Régiment d'Infanterie à Bar le Duc

Le 94è Régiment d’Infanterie à Bar-le-Duc

Terrible fin d’année 1914

En aout 1914, la déclaration de guerre était survenue comme un éclair dans un ciel assombri, un éclair qui allait déchainer la tempête. Pourtant, nul ne pensait alors que cette guerre aller durer. Le 17 décembre 1914, il ne s’était écoulé que quelques mois depuis le début du conflit mais, pour les habitants de Vassincourt, que ce mois d’août paraissait loin tant il y avait eu d’événements dramatiques pour eux.
Deux jeunes soldats de Vassincourt tués aux combats dès le 22 août. Le 6 septembre, c’était la bataille de Vassincourt, une victoire, le village venait d’être libéré mais quel goût amère avait ce succès ; le village était ravagé et toutes les maisons détruites. Les familles sont dispersées dans les villes et les villages environnants voire plus loin encore. Fin septembre , deux autres soldats de Vassincourt étaient emportés et les épreuves continuaient à affliger le village et ses habitants. La fin de cette année terrible pour Vassincourt allait encore apporter le malheur.

Robert SAUDAX… un 5ème soldat de Vassincourt mort pour la France

Le 17 décembre 1914, Robert Jules SAUDAX, soldat de 2ème classe, âgé de 21 ans, était tué au combat à Zillebeke en Belgique.
Robert Jules Saudax était le fils de Charles Germain SAUDAX et de Thérèse MAYBEL. Né le 30 septembre 1893, il exerçait le métier d’agriculteur jusqu’à son départ à l’armée. Il a intégré le 26 novembre 1913, la 94ème Régiment d’Infanterie, régiment cantonné à Bar le Duc et entrait en campagne contre l’Allemagne avec son unité en août 1914. Après un court retour à Bar le Duc, il repartait au combat le 5 décembre 1914. Moins de 15 jours plus tard, il était porté disparu le 17 décembre 1914 à Zillebeke.

L’historique de 94ème régiment d’Infanterie décrit la situation les jours précédents cette disparition et nous éclaire sur ce qu’ont du être les dernières heures de Robert SAUDAX :

« Les Allemands viennent d’inaugurer de nouveaux travaux défensifs et, en face du Régiment, ont créé un ouvrage important, puissamment armé de mitrailleuses : le fortin de Zillebecke. »
« Le 16 décembre, le Bataillon Barbaroux attaque à fond. Deux colonnes d’assaut sont lancées, celle de gauche en avant (3ème compagnie, Capitaine Darthos, et 4ème, sous-lieutenant de Corny). D’un élan superbe, les jeunes soldats franchissent d’un bond les tranchées. Il est 11 h. 25. Le fortin parait abandonné, trois hommes arrivent au sommet; mais des feux violents partent de partout et couchent les assaillants au pied du talus.
Le sous-lieutenant de Corny est tué. La 3e Compagnie a perdu plus de 80 hommes.
Citation du Sous-Lieutenant de Corny : « Le 16 décembre 1914, a conduit vers un fortin allemand la colonne de droite du 94e et, sous un feu terrible, a réussi à en atteindre le talus, à s’y maintenir plusieurs heures Jusqu’au moment où il a été tué en cherchant encore à gagner de l’avant » ; Hommage à tous ces jeunes gens, tombés dans leur premier combat, entraînés par le désir de venger leurs aînés

Fin d’année 1914, Noël est proche mais il n’y a pas de trêve du malheur pour les habitants de Vassincourt. Les jeunes gens sont dans les tranchées, le village est détruit, la communauté des habitants est dispersée, la guerre s’enterre, s’enlise, et l’espoir s’éteint laissant place à la résignation.

Sources :
Historique du 94e Régiment d’Infanterie (Anonyme, A. Collot, 1920)
– Archives Départementales de la Meuse (Etat civil – Registres matricules)

1725 – Un centenaire à Vassincourt

Rembrandt - Portrait d'un vieil-homme - 1630

Rembrandt – Portrait d’un vieil homme – 1630

En 1725, l’espérance de vie des habitants de Vassincourt comme ceux du royaume de France, était d’environ 25 ans (en 1750, 27 ans pour les hommes et 28 ans pour les femmes). La mortalité infantile est la première cause de cette très faible durée de vie. Près d’un enfant sur deux n’atteint pas l’âge de 10 ans. Les guerres, les épidémies, la famine ou la malnutrition, les conditions d’hygiènes précaires, la médecine encore balbutiante sont les autres raisons de cette mortalité prématurée. Pour autant certains individus vivent longtemps et dépassent très largement cette espérance de vie.

Demenge Mengin : « …103 ans ou environ… »

Ainsi en parcourant les registres paroissiaux de la commune de Vassincourt, on trouve en 1726 l’acte de sépulture de Demenge MENGIN décédé « âgé de 103 ans ou environ ». Il s’agit là probablement de l’un des premiers centenaires du village.

Transcription de l’acte :

« L’an mil sept cent sept cent vingt six, le premier jour du mois de janvier de cette présente année 1726, Demenge MENGIN âgé de cent trois ans ou environ après avoir été confessé reçu le St Viatique et l’extrême-onction est décédé le trente et unième jour du mois de décembre de l’année 1725 et inhumé le premier janvier au cimetière de cette paroisse du côté de la chapelle des Seigneurs avec les cérémonies accoutumées. En présence des témoins qui ont signé avec nous. J COLSON, Jean SOUEL, Gabriel MARTIN prieur curé de Vassincourt »

De Louis XIII à Louis XV

Demenge MENGIN aurait donc vécu très longtemps, plus de 100 ans si l’on en croit cet acte de sépulture rédigé par le curé de Vassincourt Gabriel MARTIN. Cependant à cette époque les dates annoncées et les âges affichés sont peu fiables. Ils ont souvent pour source la mémoire et la transmission orale avec toutes les imprécisions que cela suppose. Il aurait fallu, pour vérifier, avoir accès aux registres paroissiaux de 1622, date présumée de la naissance de notre centenaire, or ces registres n’existent plus ou du moins ils ne sont pas disponibles aux Archives Départementales.
Il n’en reste pas moins que ce personnage, décédé à Vassincourt le dernier jour de 1725, a du vivre longtemps. Il a du connaître les dernières années du règne de Louis XIII, vivre la guerre de trente ans si terrible en Barrois et en Lorraine. Il a été contemporain de tout le règne du Roi Soleil, Louis XIV avant de s’éteindre à l’aube du règne de Louis XV.

Sources :
– Archives Départementales de la Meuse – Actes paroissiaux – E dépôt 510 (9)
– INED (Institut National d’Etudes Démographiques) – Fiche « La durée de vie en France »