L’assassinat de Mme Baillot et de ses deux filles

Vassincourt - Assassinat de Mme Baillot et de ses filles - 1944 07 05 - Art. 'Le Matin' - Des bandits...02

Juin 1944

En cette fin du mois de juin 1944, l’attention des français est focalisée sur les violents combats qui se déroulent en Normandie. Depuis le débarquement du 6 juin, les troupes anglo-américaines rencontrent une forte résistance de l’armée allemande autour des villes de Caen, Cherbourg et Saint-Lô.

Mais le quotidien des Français c’est aussi, depuis 4 ans, l’occupation allemande, avec toutes les brimades et les difficultés qui en résultent : ravitaillement difficile, rationnement, couvre-feu, réquisitions, etc. C’est aussi, depuis plusieurs mois pour les habitants des grandes villes, les alertes aériennes et les bombardements meurtriers de l’aviation alliée.

C’est dans ce contexte, que le 24 juin 1944, se déroule à Vassincourt, la tragédie de l’assassinat de Marguerite Dargent, l’épouse de Louis Baillot, et de ses deux filles.

« Des bandits abattent une fermière et ses deux filles… »

Ce 24 juin 1944, Mme Baillot dont le mari est prisonnier et qui conduit l’exploitation agricole familiale, est assassinée ainsi que ses deux filles Monique 13 ans et Michèle 6 ans. Les circonstances, particulièrement horribles, sont rapportées par un article du quotidien national ‘Le Matin’ :

 » Des bandits abattent une fermière et ses deux filles et tentent de bruler leurs cadavres
Bar le Duc, 4 juillet. – (Dép. Matin). – Mme Baillot, 35 ans, dont le mari est actuellement en captivité, exploitait à Vassincourt une ferme et vivait là avec un vieux domestique, une jeune bonne et ses deux filles, âgées de 13 et 6 ans.
En allant éveiller la fermière, l’autre matin, la bonne aperçut celle-ci à demi carbonisée, ainsi que sa fille, tandis que le lit, arrosé d’alcool et d’essence, brûlait encore. Le second lit, où dormait la petite fille de six ans, brûlait aussi, les trois cadavres étaient ligotés et des tampons d’étoffe avait été enfoncés dans leur gorge. La cultivatrice et ses enfants, assommées étaient mortes depuis plusieurs heures. La plus jeune fille portait, en outre, les traces d’un coup de poignard. »

Le mardi suivant, les assassins sont arrêtés par la police.

« Les assassins de la fermière de Vassincourt sont arrêtés… »

Ce sont deux habitants de Vassincourt qui sont responsables de ce crime odieux : Marcel Bonnerave, 27 ans, et Henri-Jean Da Costa, 20 ans, tous deux ouvriers agricoles. Le journal ‘Le Matin’, relate cette arrestation dans son édition du 5 juillet 1944 :

 » Les assassins de la fermière de Vassincourt sont arrêtés
Bar le Duc, 5 juillet. – Le Matin a relaté les circonstances de l’assassinat d’une fermière, Mme Baillot, assommée alors qu’elle dormait, ainsi que ses deux fillettes, âgées de 16 et 6 ans.
La police arrêtait dès mardi les assassins. Ce sont : Marcel Bonnerave, 27 ans, ouvrier agricole, et Henri Da Costa, 20 ans, même profession, tous deux habitants Vassincourt. Pour complicité, la femme de Bonnerave, née Colette Ferrand, 22 ans a été également arrêtée. »

Les deux assassins seront jugés à Saint-Mihiel et condamnés à la peine de mort, un an plus tard, le 12 juillet 1945.

La sentence est exécutée le mardi 11 septembre 1945 à Vaux Racine près de Saint-Mihiel où Marcel Bonnerave et Henri-Jean Da Costa sont fusillés.

Publicités

Pierre Victor soldat de l’Empire

Vassincourt - Retraite de Russie - Bernard Edouard Swebach

Vassincourt – Retraite de Russie – Bernard Edouard Swebach

Dans son testament, rédigé à Saint Hélène, Napoléon Ier avait souhaité qu’un acte reconnaisse tous ceux qui, de 1792 à 1815, avaient combattu « pour la gloire et l’indépendance de la France ». Napoléon III, voulant honorer ces militaires, crée la médaille de Saint Hélène par un décret du 12 mai 1857.

On estime à 405 000, le nombre de soldats, encore vivant, qui ont pu en bénéficier.

Parmi ceux-ci, figure Pierre Victor POINOT, habitant de Vassincourt. De 1811 à 1814, Pierre Victor POINOT est soldat de l’Empire. Il participe à la campagne de Russie où il est fait prisonnier. Il a la chance de rentrer en 1814 et de retrouver Vassincourt, son village natal. Il se marie en 1816 à Mélanie HUMBERT.

1757 – L’élection de la sage-femme

Nous sommes au printemps 1757 et Louis XV règne sur la France. La guerre de sept ans fait rage en Europe comme en Amérique du Nord entre d’une part la France et l’Autriche unies par le traité de Versailles et d’autre part l’Angleterre alliée à la Prusse.

Vassincourt - Registre d'état civil - 1757 06 05 - Sage-femme

Registre paroissial de Vassincourt

Pendant ce temps, à Vassincourt, ce dimanche 5 juin, l’assemblées des femmes du village se réunit pour élire la sage-femme à la « pluralité des suffrages ». C’est Gabrielle SOUEL paroissienne du village, âgée de 44 ans et veuve de Jean ARRAGON qui est élue. Conformément au rituel du diocèse, elle prête serment à François BARTHELEMY, curé du village.

La sage-femme, ou encore matrone comme on l’appelle dans certaines régions, est une femme expérimentée, choisie ou élue par les autres femmes du village et qui a pour mission d’accompagner les accouchements. Pas d’étude ou de connaissance particulière, tout au plus les conseils d’une consœur. Une condition indispensable cependant à l’exercice de la profession : avoir prêté serment au curé. La sage-femme peut-être amenée dans certaines circonstances à baptiser le bébé notamment s’il meurt à la naissance, ce qui était relativement fréquent au XVIIIème siècle.

Gabrielle Souel a eu 6 enfants, elle a l’expérience des accouchements, c’est une bonne paroissienne, elle répond parfaitement aux critères de l’époque pour assurer cette fonction de sage-femme du village.

Transcription du registre paroissial :

Ce jourd’huy cinquième jour du mois de juin mil sept cent
cinquante sept Gabriel SOUEL veuve de Jean ARRAGON paroissienne
de Vassincourt agée de quarante ans a été élue dans l’assemblée
des femmes à la pluralité des suffrages, pour faire l’office de
sage femme et a preté le serment ordinaire entre mes mains
conformément au rituel de ce diocèse en foy de quoi j’ay signé
les jours et an susdits
F BARTHELEMY Prieur Curé de Vassincourt